BRIAN JOUBERT Cette saison, le Poitevin a tout gagné. Il est devenu champion du monde en mars dernier à Tokyo. Actuellement, il est en tournée en France à l'enseigne de Stars sur glace.
Une surprise l'attendait à Poitiers, le 1er avril, à son retour du Japon, terre de succès où il fut sacré champion du monde. Sa maman, Raymonde, s'était occupée de tout pour qu'à la patinoire, la fête soit mémorable. Elle l'a été. Il y avait 3000 personnes pour fêter le héros, mais aussi Alain Giletti, 67 ans, 5 fois champion d'Europe, champion du monde en 1960, affûteur régulier des lames de Joubert et Alain Calmat, 66 ans, médecin et ancien ministre des Sports, champion du monde en 1965. Patins aux pieds, ils ont effectué un tour d'honneur avec le Poitevin, digne successeur de ces «monstres sacrés.»
Puis, l'enfant prodigue a dû reprendre la route, un car et une fois l'avion pour 10 000 kilomètres à travers tout le pays.
L'équipe de France est en tournée. Au menu: 23 étapes. Le spectacle? Stars sur glace. Mardi dernier, Brian Joubert était à Dijon. Triomphe! Un autre. Au cours de l'entrevue, la moutarde ne lui est jamais montée au nez.
Cette saison, vous avez remporté les 7 compétitions auxquelles vous avez participé, gagné 12 programmes sur 14. Seuls le Tchèque Verner - 1er du court aux Européens de Varsovie -, Takahashi 1er et Lambiel 2e du libre aux Mondiaux de Tokyo - ont été meilleurs que vous. Exceptionnel, non?
Ce qui m'est arrivé est très bien. On peut toujours faire mieux. Je sais que je peux encore faire mieux. Ce qu'il faut, c'est garder la tête sur les épaules. Comme je me connais bien, il n'y aura pas de problème.
Il ne vous manque qu'une médaille majeure: l'or olympique. Les JO de Vancouver en 2010, vous y pensez déjà?
Avant les résultats, j'ai encore beaucoup de choses à réaliser au niveau des performances. Là, j'ai une marge. J'aimerais réussir trois quadruples différents. Je possède le salchow et le double piqué. J'aimerais y ajouter le flip, que j'ai déjà maîtrisé et le lutz, qui est un saut très compliqué. Maintenant, il faut voir dans un programme comment ça se passe.
La présence, à vos côtés, de Jean-Christophe Simond est un bienfait des dieux...[/c]...c 'est un entraîneur exceptionnel - un perfectionniste, un scientifique aussi. - Comme il planifie tout, je ne me pose plus de question. Je reste concentré sur mon travail. Le matin, quand je lui demande: «Je fais quoi, cet après-midi?», il me le dit et ça me permet de me préparer mentalement sur ce que je vais devoir accomplir.
Vous ne présenterez plus votre programme court, qui vous a valu tous les succès. Regrettez-vous ce choix?
Ce programme va me manquer mais je quitte James Bond en battant mon record personnel (83,64 points contre 80,75). ça m'aurait déçu de me séparer de lui sur une contre-performance.
A l'image de Stéphane Lambiel, pourriez-vous changer de programme en cours de saison?
Ouh la, la! Impossible! Stéphane l'a fait à plusieurs reprises, un mois et demi avant une compétition. C'est ce qui me fascine chez lui. C'est fou!
Tous les deux, vous êtes d'égale valeur, dans des styles complètement différents. Etes-vous d'accord avec ce raccourci?
Oui, au niveau de la personnalité, sur la glace, à tous points de vue. Mais à la fin, quand on pose tout ça sur les plateaux de la balance, nous nous valons. On se rejoint.
Artistiquement, vous avez accompli de gros progrès.
C'est exact. Et je vais encore évoluer. Dès le mois de mai, je vais suivre des cours de danse: hip-hop, moderne et jazz, entre autres. Mais pas de danse classique.
Jusque-là, vous n'en aviez jamais suivi. Pourquoi cette nouvelle orientation?
Je ne suis pas très souple. Je suis même assez raide. Stéphane accomplit des pas en bougeant la tête. Quand j'essaye de faire la même chose, ça engendre chez moi des déséquilibres. A la base, il a des facilités que je n'ai pas.
Où se situe votre talon d'Achille dans le patinage?
Au niveau des pirouettes. Je parle de leur qualité et de leur beauté, des positions et de la rapidité d'exécution. Là, je sais que je suis très limité. Mais je travaille beaucoup pour combler ce déficit.
Source de l'article : Le matin online
Photo : isifa.com